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Abbaye de Landévennec
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Patrimoine - Abbaye

L' abbaye de Landevénnec, située dans l'actuelle commune de Landévennec (Finistère), est réputée avoir été fondée par saint Guénolé (en breton Gwenole ou Gwennole) - Wingalloe - (Armorique, 461 - Landévennec, 532). Abandonné en 1793, une nouvelle abbaye fut construite en 1958.

Selon une étymologie douteuse Landévennec signifierait le monastère (breton lan) du (petit) Guénolé (Guinnoc); mais Gwinnog est le nom d'un autre saint, et la forme ancienne du nom du saint fondateur est bien Wingalloe.

Disciple de Budoc qui s'était fixé avec des moines dans l'ile de Lavret, près de l'île de Bréhat, (aujourd'hui département des Côtes-d'Armor), Guénolé vint s'établir avec onze compagnons dans le site de l'estuaire de l'Aulne (Finistère). Il gagna l'amitié de Gradlon, premier roi de Cornouaille, contemporain de saint Corentin que l'on considère comme le premier évêque de Quimper.

La vie de saint Guénolé nous a été rapportée par ses deux hagiographies, rédigées au IXe siècle par l'abbé Gurdisten et le moine Clément dont le texte est repris par Gurdisten.

Saint Guénolé prit une part considérable à l'évangélisation de la Cornouaille et l'abbaye de Landévennec devint par la suite la principale source des institutions monastiques en Bretagne.

Cet abbaye suivait la règle des Scots, dans la tradition du christianisme celtique. Les moines irlandais, ou scots, étaient vêtus d'une tunique souvent de couleur blanche et d'une coule (vêtement à capuchon) en grosse étoffe de laine, munie d'un capuchon.

Obéissance, pauvreté et chasteté étaient strictement pratiquées par les moines bretons. « Vaquez à l'étude avec humilité, sans vous enorgueillir de votre science, soumettez-vous au travail manuel avec abaissement et contrition de cœur, sans rechercher la louange des hommes dans l'exercice de votre art, sans mépriser celui qui l'ignore, insistez sans cesse sur la prière accompagnée de jeûnes et de veilles ». Telles étaient les recommandations faites par Budoc, le maître de saint Guénolé.

Le rayonnement de cette abbaye traversera les siècles.

Selon la tradition, le successeur de saint Guénolé fut saint Gwenaël que l'abbé accueillit tout jeune au monastère.

En 818, venu mater la rébellion d'un certain Morvan, l'empereur Louis 1er (Louis le Pieux, ou Louis le Débonnaire), fils de Charlemagne, persuadé que son pouvoir venait de Dieu, demanda à son abbé Matmonoc, à Priziac, près de Gourin (Morbihan) de renoncer à "ses usages scotiques" et de suivre la règle de Saint Benoît. Pour autant, cela n'abolit pas la spécificité bretonne : en témoignent les enluminures des manuscrits du scriptorium.

L'intégration au système carolingien vient de Nominoë fixant les sièges épiscopaux de Saint-Pol-de-Léon et de Quimper, les sièges de Tréguier et de Saint-Brieuc n'étant créés qu'au Xe siècle.

Le grand tournant vint des invasions normandes qui s'attaquèrent principalement aux monastères dès 884.

En 913, Landévennec fut pillé puis brûlé par les Vikings. Les moines fuyèrent et, emportant leurs reliques, notamment celles de Saint Guénolé, et leurs manuscrits, se réfugièrent à Montreuil-sur-Mer où ils créèrent une nouvelle abbaye sous l'invocation de saint Guénolé (dénommé localement « saint Walois »).

Les chefs fuirent également avec un grand nombre de Bretons, en Grande Bretagne ou chez les Francs. C'en était fini de la royauté bretonne. Le ciel s'obscurcit sur la vie économique, intellectuelle et religieuse, en attendant la renaissance de l'effort démographique au XIIe siècle : La langue bretonne recula, le pouvoir se déplaça vers la Haute-Bretagne, vers Rennes, puis Nantes. Le contact avec les Francs et l'apprentissage que les moines et chefs avaient fait de la langue romane durant l'exode, eurent pour conséquence de réduire le breton à une langue d'échanges, une langue non-écrite. C'était aussi désormais à l'Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, ou ailleurs, en France ou en Grande Bretagne, qu'il fallait se rendre pour vénérer les saints bretons. La dépossession des corps saints avait privé la Bretagne des richesses que représentaient les pèlerinages aux reliques. Les abbayes bretonnes étaient privées de leurs manuscrits et de leurs savants, et les écoles monastiques bretonnes qui enseignaient les sciences profanes aux enfants et aux jeunes gens près des abbayes, leur apportant une culture intellectuelle très appréciable, ne deviendraient plus jamais de grandes écoles.

Toutefois la libération de la Bretagne fut préparée par le moine Jean, Abbé de Landévennec, qui dirigeait la colonie bretonne réfugiée à Montreuil-sur-Mer. Au cours d'un voyage à travers la Bretagne, Jean se rendit compte que les bretons restés sur le sol natal étaient impatients de secouer le joug des Normands et que ceux-ci vivaient dans une sécurité si profonde qu'ils pouvaient être surpris et abattus facilement par une attaque à l'improviste. Jean trouva dans la personne du prince Alain, fils du compte de Poher Matuédoi, et petit-fis d'Alain Le Grand, celui qui, réfugié à la cour du roi d'Angleterre Athelstan, accepta de prendre la tête du mouvement. Débarqué en Bretagne, Alain livra des combats heureux à Dol et à Saint-Brieuc (936). Il réussit à s'emparer de Nantes, ce qui eut pour conséquence le fait que les Normands abandonnent la Loire maritime. À la suite de ses victoires, Alain, à qui l'Histoite donna le surnom de "Barbe-Torte", fut reconnu duc de Bretagne (937).

Il donna à l'abbaye la paroisse de Batz-sur-Mer, le monastère de Saint-Médart-de-Doulon, les églises Saint-Cyr et Sainte-Croix, situés à Nantes.

Au milieu du XIe siècle commença la construction de l'église abbatiale romane. C'est de cette époque également que date la compilation du cartulaire de Landévennec (Quimper, bibliothèque municipale, ms.15)

En 1793, l'abbaye bénédictine de Landévennec où il ne restait que 4 moines fut abandonnée, puis vendue comme bien national. Elle changea 6 fois de propriétaire au cours du XIXe siècle.

Dans des fêtes du Bleun Brug l'abbé Yann-Vari Perrot fit jouer une pièce historique sur le moine Jean, abbé de Landévennec, image du renouveau religieux et national selon l'auteur.

Aujourd'hui, sur le site d’origine, les ruines stratifiées témoignent des heurs et malheurs de cette longue histoire

Depuis 1978, des recherches archéologiques en font parler les pierres. Les églises carolingienne et romane, les cloîtres superposés au fil des siècles, le plus ancien datant du IXe siècle demeure jusqu’à aujourd‘hui le seul connu de cette période, contribuent à faire de Landévennec un lieu majeur de l'archéologie médiévale en Europe.

Ouvert sur le site et inscrit dans une intéressante architecture contemporaine, le musée de l'ancienne abbaye inauguré en juillet 1990 participe à la découverte de la signification profonde du lieu et sa relation avec les événements fondateurs de l'histoire bretonne. Sarcophage en chêne daté du IXe siècle, chapiteaux romans, fac-similés de manuscrits anciens… jalonnent un itinéraire où le visiteur chemine au hasard de l'histoire.

Deux salles présentent de façon ludique et pédagogique le travail des archéologues de la fouille à l'analyse des découvertes

Depuis 1988, l'association Abati Landevenneg gère et anime cet ensemble exceptionnel. Tous les ans, des expositions temporaires proposent un autre regard sur l'histoire des lieux et sur la vie monastique à travers le temps. Chaque été, l'église à ciel ouvert devient l'écrin insolite où se produisent artistes, comédiens et musiciens ajoutant encore à la poésie des lieux.

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