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Le Pied de la Pompe jongle avec les notes et émotions pour mener sa barque avec belle allure
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Musique - Actualité musicale

Un groupe, deux hommes : c'est la formule simple du Pied de la Pompe. Derrière ce nom à la sonorité singulière se cache Gérôme Briard et Erwann Cornec.
Membres actifs de L'Dawa, populaire groupe malouin revendicateur d'une humeur festive et d'un métissage mélodique à l'entrain contagieux, Gérôme et Erwann ont été poussés par l'envie de revenir à l'ambiance des débuts, celle des petites salles et des cafés concerts.


D'un pas de deux, ils se sont temporairement évadés de L'Dawa pour accoucher de ce nouveau projet: un duo à la formule scénique multi-instrumentale dans laquelle Gérôme ( chant, guitare, harmonica, percussions) et Erwann (basse, clavier, choeurs...) chantent des chansons où le rapport avec le public se veut plus direct. Des chansons jouées le pied au plancher, pour jongler avec les instruments, et la pompe pour le rythme. Le Pied de la Pompe en quelque sorte...

D'où l'éternelle histoire à laquelle Gérôme et Erwann n'échappent pas: celle de l'école de la rue, où l'on traque les troquets pour se produire sur scène, pour attirer l'attention d'une audience et y rôder son répertoire. De 2001 à 2007, la Bretagne sera donc le terrain d'expérimentation sonore du duo, avec des reprises et des combos organisés sous les sables de la côte Atlantique. Pour les deux artistes, 2007 sera une bonne année: un de ces crûs longs en bouche au goût de rencontres inédites et de personnes marquantes, croisées au détour d'un concert ou ailleurs.



Le tout méritait bien un album.

Dans le grand et vaste giron de la chanson française, Le Pied de la Pompe tient la cadence avec une pop-rock au cœur tendre, en regardant la vie avec douceur. Et, justement, le duo met une légère pointe de oud dans « Une langue étrangère » pour pimenter le soliloque du quotidien: celui d'une société individualiste où la source de tous les maux réside certainement dans le fait de tout savoir... mais de ne pas s'écouter. Et de ne pas remarquer, ou alors pour pointer du doigt, des personnes atypiques qui, finalement, ne le sont pas tant que ça: « Mimi », première punk d'après guerre, vit peut-être en transit dans un camion mais elle sait recevoir mieux que personne. Ce que véhicule Le Pied de la Pompe ne ressemblent pas à des lieux communs. Plutôt à des piqûres de rappels, sous la forme douce et sensible de fabulettes pour grands et petits. C'est comme cela qu'on réapprend, à travers une mélodie au piano lanscinant, qu'un « Tout petit garçon » devient un grand enfant grâce à l'amour.



L'histoire de l'adulte responsable, ce sera pour plus tard.

Guitares acérées, percussions au rythme d'un battement de coeur, « Pas de chichi » est une leçon de vie à la poésie immédiate: où comment la sagesse demeure dure à acquérir pour se forger une identité simple, sans apparats. « On fait en sorte » et c'est tant mieux: d'un cri du cœur, de la trempe musicale de la Rue Kétanou ou de Mon côté punk, survient un morceau qui égratigne gentiment les biens pensants et les grands seigneurs. A nos amours! Sur une tonalité espagnole au guitares cristallines, « Assez longtemps » témoigne des petits ou grands moments passés à deux, et de ces instants à l'équivalent temporel d'une goutte d'eau mais qui restent gravés dans les mémoires. « Rue plein air » répond à « On fait en sorte » avec un même élan de liberté, généreux, qui prône un rapport simple et direct à la vie pour subvenir à nos besoins. Pas besoin de grands bonheurs, la vie est donc remplie de petits trésors. Surtout si l'on observe ce que la société nous propose: une uniformisation des goûts et des couleurs dans laquelle on adopte « La même vie » que son voisin. Morceau énervé, au rock torturé, « Gaspard » se détache par la dureté de son sujet: l'espagnol et le français se mêlent pour dénoncer la vente d'armes en Méditérannée. « Gaspard » pose donc un regard pesant sur un monde qui fait de ses enfants de la chair à guérillas. Puis survient la transition légère et guillerette qu'est « Sauter dans les flaques »: une petite bouffée d'air rigolote, où éclabousser les autres en deviendrait presque le premier élan de liberté de toute une vie. Une vie de routine, mesurée par les rouages de la grande machination qu'est notre société: « L'administration » dépeint, entre ironie et satire, les décalages hiérachiques de la bonne volonté et de la paperasse paresseuse. Etre décalé, c'est aussi se retrouver avec soi, après une vie à s'occuper des autres: éloge aux mères de bonne volonté, « Trente ans » est une chronique sociale douce-amère doublée d'un beau portrait de femme. C'est déjà la fin, et le Pied de la Pompe se permet de terminer en « queue de poisson ». Avec une berceuse aux antipodes de Brassens, « Fernande » est un poisson qui pose bien des tracas. Mais elle permet d'achever ce disque sur un bain de jouvance, et sur une note de douceur dans un monde qui en a bien besoin.

Loin d'être pompeux ni plombant, Le Pied de la Pompe jongle avec les notes et émotions pour mener sa barque avec belle allure. On fait ce qu'on peut! est donc album harmonieux, direct, avec des refrains qu'on attrape pour soi et des histoires qui parlent à tous. Sans détours.

par Jeoffroy Vincent

Le Site : http://www.lepieddelapompe.com/

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