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Naufrage de l'Erika - 400 km de côtes sont souillées
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Nature - Environnement
Naufrage de l'Erika - L'Erika, un pétrolier maltais affrêté par la société Total-Fina-Elf, a fait naufrage au large de la Bretagne lors d'un transport de 37 000 tonnes de fioul lourd en provenance de Dunkerque et à destination de Livourne (Italie).
L'armateur était l'italien Giuseppe Savarese. La gestion technique était assurée par la société Panship. La société de classification (chargée des contrôles) était la société Rina (Italie).
Le samedi 11 décembre 1999, à 14 heures, l'Erika signale une avarie (gîte anormale) au Cross Etel (Morbihan). Les conditions météorologiques sont très mauvaises, vent d'ouest, force 8 à 9 avec des creux de 6 mètres.

A 15 heures, il annonce que l'avarie est réglée. Le navire est au nord du Golfe de Gascogne, hors de portée des radars.

Dans la soirée, il fait route vers Donges (port pétrolier, à 15 km de Saint-Nazaire). Le capitaine parle de fissures sur le pont.

Le dimanche 12 décembre, à 6 heures, le capitaine lance un appel de détresse. Le navire est à 37 km au sud de Penmarch.

A 8 heures, le navire se casse en deux et libère 10 000 tonnes de fioul.

A 16 heures, la partie arrière est remorquée par l'Abeille-Flandres, pour l'écarter de Belle-Île, en vue d'un pompage de la cargaison.

A 18 heures, déclenchement du plan POLMAR.

Le lundi 13 décembre, la moitié avant qui flottait à la dérive, coule par 120 mètres de fond à 55 km au sud de Pen Marc'h et à 90 km à l'ouest de Belle-Île, avant que le remorqueur Tenace ne puisse faire quoi que ce soit.

A 16 heures, la partie arrière toujours en remorque, coule à 70 km de Pen Marc'h. Les 2 parties du navire fuient légèrement.

Le 15 décembre, 3 nappes sont identifiées. Le pompage est très difficile du fait des conditions météos et de l'obstruction fréquente des pompes.

Le 22 décembre, 900 tonnes ont été récupérées depuis le début. Les nappes se morcèlent.

Le 26 décembre, c'est la fameuse tempête d'ouest. Les nappes atteignent la côte.

Durant l'été 2000, le pompage du pétrole restant dans les parties immergées du navire est entrepris. Il sera récupéré 11 245 tonnes de fioul lourd. L'opération a été pris en charge et payé par la société Total-Fina-Elf, affrêteur du navire et qui s'était déclarée non responsable. Après un appel d'offres international, c'est la société Coflexip-Stena-Stolt qui a réalisé le travail.


Les dégâts
400 km de côtes du Finistère à la Charente-Maritime sont souillées. On estime le nombre d'oiseaux morts entre 150 000 et 300 000. Dix fois plus que pour le naufrage de l'Amoco Cadiz. Dont 80 % des guillemots de Troïl.

Le poids des déchets est estimé à 250 000 tonnes.

La cargaison officielle est du fioul lourd n° 2 composé d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), réputés cancérigènes. Si on estime une teneur en HAP de 0,05 %, sur 20 000 tonnes de fioul à la mer, c'est 10 t de produits cancérigènes qui ont été déversés.

Une analyse demandée par l'Association des Bénévoles d'Erika (ABE), au laboratoire Analytika ( http://www.labo-analytika.com/ ) d'un échantillon de rejets côtiers et de cuve résultant du pompage de l'Erika, révélerait la présence de chlorure d'ammonium quaternaire. La cargaison ne serait pas, selon cette analyse, du fioul lourd mais soit des boues de forage, soit des déchets de rafinerie où on trouve normalement la molécule chlorée. La cargaison serait alors des déchets industriels spéciaux (DIS) dont l'exportation est interdite.


Le coût
Le coût estimé du naufrage est de :

230 millions d'euros; réclamés par les victimes
144 millions dépensé par l'État français (qu'il réclamera quand les victimes auront été indemnisés)
180 millions pour le pompage, payé par Total-Fina-Elf qui a promis, s'il demande le remboursement, de se placer en dernier de la liste
Le FIPOL, Fonds d'indemnisation des pollutions, et l'assureur du navire (Streamship Mutual) ont versés en décembre 2002, 53 millions d'euros. Le plafond des versements du FIPOL est de 182 millions. Ce dernier a engagé des poursuites contre tous les acteurs du drame : proprétaire, armateur, assureur, affrêteur et société de classification.


Les mesures prises
A partir du mois de juillet 2003 (3 ans et demi après la catastrophe), les contrôles seront renforcés. Les navires vétustes devraient être contrôlés en profondeur au moins une fois par an. Cette mesure n'a cependant pas été mise en vigueur avant le naufrage du Prestige en novembre 2002.

IL devrait être mis en place un seuil d'inspection de 25 % des navires accostant dans un port. La France réalise un taux de 9,6 % (fin 2002), un des plus faibles de la communauté européenne avec l'Irlande. Cela est principalement dû à un manque d'inspecteur. Et le temps d'en former des nouveaux est assez long.

Les pétroliers à simple coque seront interdit en 2015.

Un contrôle plus strict des sociétés de classification devrait être mis en place.
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