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Histoire de Guérande - De la colonisation bretonne à la féodalité
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Patrimoine - Histoire de Bretagne

Après la bataille de Soissons, le territoire de la presqu'île de Guérande passe sous la domination des Francs, comme l'ensemble des territoires appelés par la suite Neustrie, notamment le comté de Nantes. Mais vers 560, une bataille oppose Clotaire, futur roi des Francs et le "roi" breton Canao Ier, probablement en presqu'île de Guérande. Lors de l'occupation de Nantes par Lambert II, la presqu'île de Guérande devient territoire breton.


La fondation de Guérande est datée du haut Moyen Âge, plus précisément de la seconde moitié du VIe siècle. En effet, selon des sources médiévales postérieures, la fondation du Bro Wenrann et celle de l'occupation continue du site jusqu’aujourd'hui, est attribuée à la colonisation bretonne contemporaine du roi du Broërec Waroch II (entre 575 et 595). La cité s'implante autour d'une église, d'où l'origine probable de son nom qui signifie « champ/parcelle, consacré/pur ».

Cette implantation bretonne s'est faite corrélativement à une entrevue dans sa résidence nommée Aula Quiriaca de Waroch avec saint Félix, évêque de Nantes et le lettré et futur évêque de Poitiers, Saint Fortunat, entrevue rapportée par ce dernier dans ses Epistolae. La rencontre, située vers 580, de ces trois importants personnages fait penser à une négociation entre les parties ayant des intérêts stratégiques entre Loire et Vilaine c'est-à-dire : les Bretons (Waroch) et les Francs de Nantes (Saint Félix) et du Poitou (Fortunat). Il est aussi rapporté que l'avancée bretonne est arrêtée à Saint-Nazaire en 577 par une intromission divine.

Du VIe siècle au IXe siècle, le « Bro Wenrann » est beaucoup plus étendu que ce qu'on appelle actuellement la presqu'île de Guérande : il inclut Donges au sud, Pontchâteau à l'est, La Roche-Bernard au nord.

Une population de colons bretons venant de Bretagne insulaire (des Cornouailles) s'implante durablement dans la région au VIe siècle. Elle sera renforcée par une seconde vague d'immigrants au cours du siècle suivant. Le Pays guérandais (entre Brière et Atlantique) constitue l'avancée la plus au Sud de la langue Bretonne (limite sud des noms de lieu en Ker- ; plus de 50% des toponymes de la commune sont d'origine bretonne certaine).

La cité (re)trouve son Saint Patron avec la translation des reliques de Saint Aubin au plus tard durant la seconde moitié du VIIe siècle. Une tradition tenace fait de Saint Aubin un enfant du pays. Aubin d'Angers a été moine puis abbé au monastère de Tincillac en Bro Wenrann , qu'il quitte pour devenir évêque d'Angers de 529 à 550.

Vers 800, Charlemagne reconquiert très temporairement les territoires entre Loire et Vilaine, ainsi que le sud du Pays de Vannes (ou Broërec) notamment la presqu'île de Rhuys et Vannes. Les Marches sont alors reconstituées, mais les populations de langue bretonne restent dans la presqu'île de Guérande.

Les institutions religieuses se développent dans la cité comme le montre la construction d'une seconde église au VIIIe siècle et dont on a retrouvé des éléments remaniés sous l'actuelle Collégiale. Nominoë, Roi et unificateur de la Bretagne, instaure un évêché (très temporaire) à Guérande, et sépare ainsi la région guérandaise de l'évêché de Nantes, sous influence franque, pour la rattacher à l'influence bretonne, et à l'archevêché de Dol. En 851, suite à la Bataille du Grand-Fougeray, Charles le Chauve, Co-Empereur et Roi des Francs, et Erispoë, Roi « héréditaire » de la Bretagne, se rencontrent à Angers pour signer le traité d'Angers qui donne à la Bretagne les pays rennais, le nantais et le Pays de Retz (partie nord de l'Herbauges). Par la suite, le pays de Guérande demeurera jusqu'en 1789 dans le Duché de Bretagne.

À la suite de ce traité, probablement dans un souci d'apaisement des relations avec l'archevêché de Tours et l'évêché de Nantes, l'évêché de Guérande est supprimé, et le Pays de Guérande est définitivement rattaché à l'évêché de Nantes en 857. De cette situation politique est restée une double tutelle sur la ville de Guérande : l'évêque de Nantes et le Duc de Bretagne se partageront jusqu'à la Révolution les droits et propriétés sur la cité. C'est aussi durant cette période que se structurent les premières institutions urbaines de la ville, dont la constitution d'une milice armée pour défendre la cité. Cette milice sera jusqu'au XVIe siècle une force armée reconnue pour sa qualité militaire, et utilisée dans des conflits régionaux ou extérieurs jusqu'à la Révolution comme troupe constituée.

C'est en 854 qu'apparait la première mention écrite connue (et explicite) de la ville de Guérande.

Puis, en 854-855 apparaissent les premières mentions écrites des salines dans les alentours de Guérande : à Clis et à Saillé. Si la récolte du sel est une pratique très ancienne, ce document montre que la construction des salines, selon la conception actuelle des marais salants de Guérande, se fait bien avant le IXe siècle. (Il s'agit probablement d'un héritage gallo-romain.)

Vers 870, le Roi Salomon de Bretagne, installe à la tête de la paroisse de Guérande et des églises et chapelles qui y sont rattachées, un chapitre de quatorze chanoines. Le chapitre de Guérande est donc un des plus anciens de France.
La milice de Guérande face aux Normands en 919 - in : « Vie de Saint Aubin », manuscrit du XIe siècle , BNF

La région est affectée par plusieurs incursions des Normands de 843 à 1013 (voir Histoire de Nantes). Ces incursions auront pour conséquence la désorganisation politique et économique de la région[39], ainsi que de toute la Bretagne. Les implantations monastiques sont abandonnées, et les moines, se replient en amont d'Angers, puis en Bourgogne. Vers 900, les normands s'implanteront à La Roche-Bernard sur La Vilaine (en 919), ainsi que dans l'estuaire de la Loire, dans l'Ile Bothy, de part et d'autre de la presqu'île de Guérande, et ils occupent Nantes durant une vingtaine d'années.

    * Le Miracle de Saint-Aubin : Dans ce contexte, en 919, Saint Aubin aurait fait une apparition miraculeuse, chevalier blanc armé (dans certaines versions sur un cheval blanc), (alba = blanc en latin, d'où l'association étymologique probable avec Albin, Aubin). Il redonne force et courage à la milice de la ville, qu'il prend sous son aura pour chasser des Normands qui assiégeaient la ville. Le Pays de Guérande bien que pris en tenaille par les Normands repoussera une implantation durable.

En 939, les Normands quittent la Bretagne, les raids se font plus rares après 960, le Pays de Guérande reprend sa place dans le Duché de Bretagne qui se réorganise sous le règne d'Alain Barbetorte dit al louarn.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gu%C3%A9rande

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