Magazine Culturel Breton      


Nicéphore Niépce - Les premiers succès photographiques...
(0 votes, average 0 out of 5)
Photographie - Histoire de la photographie
 Joseph Nicéphore Niépce voit le jour le 7 mars 1765 (sous le régne de Louis XV) à Châlon sur Saône en Bourgogne, dans ce qu'il est convenu d'appeller une « bonne famille ». Son père est avocat et gérant de biens, conseiller du Roi; sa mère est la fille d'un célèbre avocat. La famille est très aisée, possédant des propriétés autour de Châlon : les revenus en sont élevés. De 1780 à 1788, ses études aux collèges des Oratoriens à Châlon, Angers et Troyes font entrevoir pour Joseph une carrière ecclésiastique; Mais il semble qu'en ces temps pré-révolutionnaires la vocation du jeune homme se soit émoussée. Il renonce à la prétrise et s'engage dans l'armée d'Italie en 1792. Il s'installe à Nice et s'y marie avec Agnés Roméro qui met au monde Isidore en 1795.


Six ans plus tard, il est de retour en Bourgogne. La vie lui a apporté son lot de joies (une vie publique honorable et reconnue au service de son pays) et de drames (son second fils, Agénor meurt à 2 ans et demi.)


A 36 ans, Niépce retrouve donc sa terre natale, sa mère et ses deux frères, Claude, l'aîné et Bernard. Les années suivantes sont consacrées à la mise en valeur de ses propriétés et à ses inventions : le « Pyréolophore » (sorte de moteur marin à explosion) qui, bien que jamais commercialisé apporte une notoriété nationale à ses talents d'inventeur, partagée avec Claude. Il y a également un projet de machine hydraulique de Marly, la culture du pastel done le développement est favorisé par le blocus… Tous ces travaux, l'état de guerre permanent (nous sommes maintenant sous le premier Empire), le renchérissement de toutes choses amènent leur cortége de difficultés financières et Niépce contracte le premier d'une longue série d'emprunts.


1816 est l'année des premières recherches « héliographiques », menées conjointement à celles du Pyréolophore. Fin 1817 Claude part en Angleterre tenter de vendre leur moteur et continuer ses propres travaux sur le « mouvement perpétuel » La correspondance des deux frères durant les onze années à venir sera un véritable almanach de l'avancement des recherches et des premiers succès photographiques. En 1824, enfin, Nicéphore peut écrire à son frère :"La réussite est complète".


Hélas la situation de la famille est catastrophique; Les dettes s'élévent à 1.800.000 francs (équivalent 1987) et on songe sérieusement à vendre des propriétés pour rembourses des créanciers devenus impatients…


L'année suivante, Niépce lie ses premières relations avec le graveur Lemaître et l'opticien Chevalier, de Paris. C'est grâce à ce dernier que Daguerre écrit une première lettre à Niépce en 1826. Les contacts entre les deux homes seront peu fréquents: Niépce est assez méfiant, Daguerre plutôt pressant. Nicéphore envoie avec parcimonie des échantillons (parfois tronqués) de ses réussites tandis que Daguerre, lui, n'envoie que des promesses…


1827 est une année décisive. Bien que miné par des difficultés de tous ordes, Niépce prend conscience du degré d'achévement de son invention et cherche des contacts pour la faire reconnaître et la perfectionner.
Mais Claude se révèle gravement malade et il faut partir pour l'Angleterre où la situation est là aussi calamiteuse : épuisé par ses recherches, n'ayant pas réussi à négocier le Pyréolophore, Claude va sombrer dans la démence et mourir peu après. Lors de leur passage à Paris, Niépce et sa femme nouent des relations avec des scientifiques, mais sans suite. Mêmes résultats en Angletere malgré de flatteuses rencontres avec des membres de l'Académie Royale.


Début 1828, retour à Châlon. Daguerre se montre de plus en plus désireux de connaître de nouveaux résultats. Le premier projet d'association entre Niépce et Daguerre voit le jour en octobre 1829. Le but de l'association est de commercialiser les fruits de la nouvelle découverte, à parts égales. Niépce apporte son invention, Daguerre ses relations et son « industrie ».

Au cours des années suivantes, la collaboration sera plus étroite : une correspondance s'établit entre Châlon et Paris. On use même, pour préserver le secret d'un code chiffré désignant les éléments utilisés (13=la chambre noire, 56=le soleil,5=le bitume de Judée, etc…) Ce code va compter jusqu'à 101 références ! Les letres échangées montrent que Daguere est surtout préoccupé de la gestion de son « Diorama » et que les recherches sont essentiellement le fait de Niépce (bien que Daguere parle de « nos » recherches)


En 1832 enfin, Daguerre réalise pour Niépce un bilan de ses propres travaux d'où il ressort que l'un et l'autre, avec les mêmes produits, obtiennent des résultats diférents; Il est toutefois à noter - et cela n'est pas sans importance - que jamais Daguerre n'a pu montrer à Niépce le moindre résultat de ses essais. Mais les choses avancent… Début 1833, cependant, Daguerre, malade, suggère la remise à plus tard de certains essais.


5 juillet 1833 à sept heures du soir Nicéphore Niépce meurt subitement à Saint Loup de Varenne.
Hits
Rétrolien(0)
Commentaires (0)Add Comment
Ecrivez un commentaire
 
 
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur
 

security image
Entrez les caractères affichés


busy
 
Plus d'articles :

» Photographie, Art veritable avec l'apparition du surréalisme

La photographie est à la fois un ensemble de techniques visant à l'enregistrement d'images, et une branche des arts graphiques utilisant ces techniques comme moyen.La photographie : une techniqueDepuis son invention il y a...

» La Photographie numérique - mode de production d'images !

La photographie numérique est un mode de production d'images qui dérive des techniques de photographie classiques (Photographie argentique).Le système optique et mécanique des appareils est en général...

» 19ème FESTIVAL PHOTOBIS 2005 - Information & Appel à Projets

Le prochain FESTIVAL PHOTOBIS, regroupant à chaque session bi-annuelle (en Mai et Novembre) 50 photographes internationaux, aura lieu du 12 au 15 Mai 2005 aux Galeries de l'Espace St-Martin, 256 rue du Fbg St-Martin, 75010 Paris.Ce...

» Henri Cartier-Bresson - inventeur du concept instant décisif

Henri Cartier-Bresson (HCB) (22 août 1908 à Chanteloup-en-Brie - 2 août 2004 à Céreste) est un photographe français membre de l'agence Magnum qu'il fonda en 1947 avec Robert Capa, David Seymour,...

» La Photographie argentique - compréhension d'une technologie

En photographie argentique, la pellicule est constituée d'un film support en plastique, recouvert d'une émulsion : c'est une couche de gélatine sur laquelle sont couchés en suspension des cristaux...

» Sophie Ristelhueber : Le présent n’existant que par ce qui l’a précédé

Le présent n’existant que par ce qui l’a précédé, c’est au passé de Sophie Ristelhueber qu’il faut se référer pour suivre le cheminement qui a conduit l’artiste à...

» Festival de Photographie PHOTOBIS - mois de la photo 2004

FESTIVAL PHOTOBIS - MOIS de la PHOTO 2004 - Appel a Projets Photographiques.Le prochain FESTIVAL PHOTOBIS, regroupant a chaque session bi-annuelle (en Mai et Novembre) 50 photographes internationaux, aura lieu durant le MOIS de la PHOTO du 25 au 28...

» Festival Mondial de l'Image Sous-Marine

Festival Mondial de l'Image Sous-Marine Le Festival a pour but de promouvoir l'ensemble des activités culturelles et sportives par toutes les formes d'activités imaginables et de faire de cet événement la rencontre des amoureux de la mer et des...

» Le daguerréotype - un type de photographie sans négatif !

Le daguerréotype est un type de photographie, mais, à la différence des photographies modernes, il n'a aucun négatif. Au lieu de cela, c'est une image exposée directement sur une surface en argent polie...

Actuellement sur ArtOuest

Nous avons 208 invités en ligne
Annonces de Locations de Vacances en BretagneGuide du Tourisme en Bretagne
Copyright © 1999 - 2017 ArtOuest. Site Web Breton par les Editions BonjourChezVous 
Guides Bretagne : Annuaire | Location Vacances | Tourisme   Portail de la culture par le ministere de la culture et de la communication   RSS 2.0