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Voyager en couleurs au Musée Port de Douarnenez
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Photographie - Histoire de la photographie

1ères photographies couleurs en Bretagne (1907 – 1929)
Exposition au Port-musée de Douarnenez à partir de Noël 2008

1 – Une exposition sensible

La Bretagne de 1907 à 1929 se révèle en photographies couleurs au Port-musée.
Grâce à un procédé technique étonnant, l'autochrome sur plaque de verre mis au point par les Frères Lumière, les opérateurs du mécène Albert Kahn photographient le monde entier. En vingt ans de reportages, « Les archives de la planète » rassemblent 72.000 plaques, dont 900 pour la Bretagne : des sites célèbres, des paysages maritimes ou ruraux, des scènes de vie, de travail, des cérémonies comme la Grande Troménie de Locronan de 1929... La couleur transfigure le regard. Avec plus de cent témoignages du passé, cette exposition est un ravissement pour l'oeil et pour l'âme.

Une exposition réalisée par les «Champs Libres» (Rennes) et l’association «Mémoire Photographique en
Bretagne» en partenariat avec le «Musée Albert-Kahn» (Département des Hauts de Seine), avec la
collaboration de la «Cinémathèque Robert Lynen» (Ville de Paris), de la «Société Française de
Photographie» et du «Musée de Bretagne» (Rennes). Avec le partenariat de France Bleu Breizh Izel.
A partir des vacances de Noël (20 décembre - 4 janvier)
puis pendant les vacances d'hiver (7 février - 8 mars 2009) et du 4 avril au 4 novembre 2009.
Contact :
Port-musée, Place de l'Enfer, 29100 Douarnenez. Tél : 02 98 92 65 20 – www.port-musee.org


2 – L'autochrome des Frères Lumière


En juin 1907, la Société Lumière commercialise le premier procédé industriel de photographie couleur : la plaque autochrome. C’est une révolution.
Cantonnée durant tout le XIXe siècle à représenter « l’habit noir des choses », selon l’expression des frères Goncourt, la photographie peut enfin se parer des couleurs de la vie.
Au moment de la présentation du daguerréotype en 1839, l’absence de couleurs désigne une faille dans le processus de reproduction de la nature par la photographie. Dès lors, l’enregistrement des couleurs devient un enjeu majeur. Si diverses recherches laissent entrevoir l’espoir d’une solution tout au long du XIXe siècle, ce n’est qu’avec l’autochrome qu’une réponse industrielle, accessible à tous, est définitivement apportée. L’événement est tel que l’on parlera du « miracle Lumière» lors de la présentation officielle de l’autochrome, le 10 juin 1907 à Paris.
Pour Auguste et Louis Lumière, c’est l’aboutissement de 15 ans de recherches. Si l’invention du cinématographe, en 1895, a fait leur renommée, c’est l’autochrome qui leur a procuré la plus grande fierté tant la tâche était difficile. Après avoir déposé un brevet d’invention le 17 décembre 1903, il leur faudra quatre ans pour organiser la production à l’échelle industrielle de ce procédé qui dominera largement le marché de la photographie jusqu’à la moitié des années 1930.

La fécule de pomme de terre révèle les couleurs.
L’autochrome porte l’héritage des connaissances scientifiques sur la couleur et des avancées photographiques du siècle précédent. Il se distingue par l’utilisation d’un élément surprenant : le grain de fécule de pomme de terre.
Ce procédé sur verre, ancêtre de la diapositive couleur, se caractérise en effet par l’emploi d’une couche de grains microscopiques de fécule de pomme de terre teintés en rouge–orangé, vert ou bleu–violet, additionnés de particules de charbon de bois. Cette mosaïque, couchée sur une plaque de verre est associée à une émulsion photographique noir et blanc. Son rôle est essentiel : elle transforme l’autochrome en une véritable petite usine à couleurs. En effet, le réseau de grains de fécule colorés permet de filtrer et d’analyser l’image lumineuse qui entre dans l’appareil pour aller s’inscrire sur l’émulsion photographique. C’est également lui qui, lorsque la plaque développée est éclairée en transparence, restitue les couleurs, par l’effet de la synthèse additive, et donne ainsi naissance à l’image.

Une esthétique liée au temps de pause.
Du fait de la très forte absorption de la lumière par le réseau de grains de fécule, la faible sensibilité de l’autochrome impose une limite majeure à sa pratique : l’instantané, accessible pour la photographie en noir et blanc depuis une quinzaine d’années, lui est interdit. Cantonné à des temps de pose qui se comptent en secondes, le photographe est contraint à l’usage d’un pied sur lequel poser son appareil pendant la prise de vue.
La photographie sur autochrome va ainsi développer une esthétique propre, marquée par des portraits posés, des motifs immobiles comme les architectures, les rues vides, les bateaux au mouillage, les natures mortes, etc. Lorsque le photographe saisit des sujets en mouvement, la lenteur du procédé se manifeste à travers les flous de bougé.


4 - “Les Archives de la planète”

d'Albert Kahn
En 1909, le banquier Albert Kahn, soucieux de « fixer une fois pour toutes des aspects, des pratiques et des modes de l’activité humaine dont la disparition fatale n’est plus qu’une question de temps », décide de constituer des « Archives de la planète ». En 1912, il recrute le géographe Jean Brunhes pour donner une assise scientifique à ce projet documentaire visant à collecter et conserver par l’image (fixe et animée), le témoignage d’un monde en pleine mutation. La diffusion de ses archives se fera sous la forme de séances de projection. L’objectif était d’instruire les futures élites lors de réunions privées chez Albert Kahn, à Boulogne, ou dans les cours dispensés par Jean Brunhes au Collège de France.
Jusqu’en 1931, date où le projet est interrompu suite à la ruine de Kahn après le krach boursier de 1929, les opérateurs ont rassemblé 72 000 plaques autochromes (dont 900 environ sur la Bretagne), plus de 4000 plaques stéréoscopiques et environ 180 000 mètres de film concernant une quarantaine de pays.
Onze opérateurs travailleront pour les Archives de la planète. Formés à la méthode établie par le géographe, ils partent pour des expéditions dont ils rapportent des collections de clichés destinés à alimenter le projet encyclopédique. Chaque mission était une aventure en soi : le transport du matériel, lourd et fragile, était périlleux, et les conditions de travail souvent difficiles.
Peu éloignée de Paris, à la différence de destinations plus exotiques, la Bretagne a fait l’objet de plusieurs déplacements de courte durée au cours de campagnes photographiques dans l’ensemble du nord-ouest de la France. Après une courte mission d’Auguste Léon à Vitré en 1915, Georges Chevalier, Roger Dumas et Stéphane Passet sont envoyés dans le Finistère, les Côtes d’Armor, le Morbihan (1920, 1924, 1929) et la Loire-Atlantique (1924).
« Le but des Archives de la planète est d’établir comme un dossier de l’humanité prise en pleine vie, au commencement du XXe siècle, à l’heure critique de l’une des “mues” économiques, géographiques et historiques les plus complètes qu’on ait jamais pu constater. »
Jean Brunhes, “Ethnographie et géographie humaine”, L’Ethnographie, 1913.


5 - La grande Troménie de Locronan (1929)

Du 14 au 21 juillet 1929, Roger Dumas et Camille Sauvageot, opérateurs des Archives de la planète, effectuent une mission à Locronan (Finistère) pour photographier et filmer la célèbre procession de la « grande Troménie » qui se déroule tous les six ans depuis des temps
ancestraux.
Envoyer ces deux opérateurs afin de conserver l’archive visuelle de ce pèlerinage en l’honneur de Saint Ronan correspond pleinement aux objectifs scientifiques de Jean Brunhes, soucieux de témoigner des rites et des traditions dans les pratiques humaines à l’aide des moyens techniques complémentaires que sont l’autochrome et le cinématographe. Entre image statique mais en couleurs pour la première, mouvement mais noir et blanc pour le second, cette association apportait une réponse complète à la démarche documentaire.
Suivant la procession sur un trajet que la tradition a fixé comme étant celui qu’accomplissait le saint du haut Moyen Âge chaque semaine, pieds nus et à jeun, les opérateurs enregistrent le rituel dans sa double dimension animée et colorée.
Le film permet de restituer les mouvements de foules de la procession, le déplacement entre les douze stations, l’organisation spatiale entre les reposoirs, jusqu’à la sensation de la durée du pèlerinage de six heures à travers la campagne, tandis que les autochromes conservent la mémoire d’éléments statiques, pour lesquels la couleur apporte un précieux complément d’information. L’autochromiste s’attache ainsi aux personnages en costumes traditionnels, aux différents types de reposoirs abritant les saints de la Troménie – simples huttes de branchages ou cabanes de planches recouvertes de draps blancs et décorées de fleurs. C’est aussi l’occasion de s’attarder sur les détails de natures mortes : celle comportant la statuette de Saint Télo (mentionné « Saint Elleau » par l’opérateur), le saint au cerf de la onzième station, révèle toutes les qualités de rendu des matières et des couleurs dont l’autochrome est capable.


6 – Imaginaires

En Bretagne, la lumière changeante, les costumes ou les motifs des voiles fourniront autant de prétextes à expérimenter ce procédé qui, pour la première fois, offre une représentation en couleurs naturelles de cette contrée dont seuls les peintres et graveurs avaient pu jusquelà
transmettre les tonalités.
« Je vais rapporter de quoi éblouir vos yeux », disait Jules Gervais-Courtellemont à son ami Pierre Loti. Les autochromes de Bretagne ne sont pas sans rappeler celles que le photographe a réalisées en Orient.
Ici, il cherche à nouveau à transmettre des atmosphères évocatrices, comme au Bois d’Amour à Pont-Aven, à capter le mystère des mégalithes renforcé par la vision en fin de journée. Ses autochromes trahissent l’imaginaire collectif attaché à ces lieux, entre légende et invitation au
voyage.
Face aux couchers de soleil dont seule l’autochrome peut saisir les flamboiements fugitifs dans les brumes violettes du soir, le photographe-explorateur révèle sa propre sensibilité. Il anticipe également sur la puissance d’évocation de l’image lumineuse projetée, incitation à la rêverie des futurs spectateurs qui assisteront à ses conférences parisiennes. C’est en effet le propre de la projection, part essentielle de la vision des autochromes, que d’inviter à « voyager dans son fauteuil ».

Le littoral et les ports
“Et puis, autre attrait, il y a […] le port où, au retour de la pêche, s’entassent les bateaux peinturlurés de couleurs voyantes, les « thoniers » dressant dans l’air, à côté de leurs mâts, de longues antennes infléchies comme celles d’un insecte, les chaloupes, sardinières arborant au soleil des filets d’azur ou d’ocre qui s’éploient à la brise, légers comme des dentelles, des voiles bleues, jaunes ou rouges, éclatants autant que des voiles vénitiennes, - le port, lieu à souhait pour la rêverie. »
[Jules Gervais-Courtellemont], « La jolie ville malheureuse : Concarneau »,

 

 


7 - Informations-service


Ouverture 2008-2009
Vacances de Noël
Du 20 décembre au 4 janvier (sauf les lundis et les 25 décembre et 1er janvier)
Vacances de février
Du 7 février au 8 mars 2009
Saison 2009
Du 4 avril au 4 novembre 2009
Groupes
Toute l’année sans interruption (Sur réservation)
Visites guidées, parcours, pédagogiques, circuits touristiques
Horaires
Basse-saison
10h - 12h30 /14h – 18h (fermé le lundi)
Haute-saison (1er juillet – 31 août)
10h - 19h, 7 jours sur 7
Tarifs
Musée + expositions temporaires
5 € adulte / 3 € réduit, enfant / 14 € famille
A partir de l'ouverture d'avril :
Musée + expositions + bateaux en plein air
6,20 € adulte / 3,80 € réduit, enfant / 17 € famille
Abonnement annuel : 8 € / 10 €
Bateaux en plein air
4 € adulte / 2,50 € réduit, enfant / 12 € famille
Tarifs spéciaux pour les groupes
Accessible aux handicapés
Le Port-musée
Place de l’Enfer - 29100 Douarnenez - Bretagne
Tél (standart) : 02 98 92 65 20 - Fax : 02 98 92 05 41
Site : www.port-musee.org
Courriel : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

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