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Histoires de grand Léjon - Lougres navigant en Baie de St Brieuc
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Patrimoine - Vieux gréements

Le Grand Léjon est un bateau reconstruit à l'identique des lougres de travail navigant en Baie de St Brieuc en Côtes d'Armor fin du XIX et début du XX ème siècle.
Construit entre 1988 et 1992 à la demande de l'association "Pour le Grand Léjon" par Yvon CLOCHET, charpentier de marine il est mis à l'eau en mai 1992 au Légué ; quelques semaines plus tard à Brest-Douarnenez 92 il remporte : le 1° prix du concours des bateaux de Côtes de France, le 2 ème prix pour son gréement ainsi que le prix de la persévérance.

 
Un peu d'Histoire :


1935, Jean Baptiste FLOURY a 15 ans, et parce qu'il ne veut plus aller à l'école, il embarque sur "le Grand Léjon", cotre pilote de Saint-Quay-Portrieux appartenant à son père, François FLOURY. Sa mère n'en était pas informée, mais bientôt, ses parents prendront en compte son ambition, et puisqu'il veut embarquer, il sera inscrit sur le rôle.

Le Grand Léjon est alors un bateau d'une dizaine de mètres de longueur de coque, gréé en cotre (grand-voile aurique plus flèche, foc et trinquette), pourvu d'une belle voûte arrière finissant en "cul de poule" et aux flancs noircis au coaltar. Il a été construit au chantier Kerbiguet de Paimpol pour le grand-père de Jean Baptiste, appelé aussi François FLOURY, pour :

    * assurer le ravitaillement du phare du Grand Léjon (construit en 1881, et à l'époque gardienné),
    * pêcher le homard au casier et le poisson au trémail,
    * mener des missions de pilotage des goélettes arrivant en Baie de Saint-Brieuc pour Saint-Quay-Portrieux, Dahouët ou Binic... A l'époque, il y avait 3 ou 4 bateaux pilotes à Saint-Quay-Portrieux et c'était le plus rapide qui se présentait qui assurait le pilotage. Le Grand Léjon, très rapide et très manœuvrant (un seul homme pouvait le mener), n'avait pas à rougir, y compris quand il se mesurait en régate avec des "Sam Suffit" ou "La Caille" du Légué.


L'équipage était habituellement composé du patron et de deux matelots.
Le bateau a été immatriculé BI 2 (Binic), puis PL 1223 (Paimpol).

François, le grand-père, confiera ensuite le bateau à son fils qui le conservera jusqu'en 1938 où, désirant un bateau plus petit, le Grand Léjon sera vendu pour 3000F à Monsieur BARREAU, cordonnier à Saint-Quay-Portrieux (mais ancien commandant de goélette), qui après l'avoir motorisé le conduira aux côtes du MAROC pour peut-être y pêcher la langouste. C'est là que le bateau sera victime d'un naufrage en 1939. Il n'a pas cependant complètement disparu car il figure, rentrant dans le port de Saint-Quay-Portrieux dans le film "Face à l'océan", film appartenant à la cinémathèque régionale et présenté à Saint-Quay-Portrieux il y a 3 ou 4 ans.

Ce n'était pas le premier bateau du nom ; en effet, il succédait à un premier "Grand Léjon" appartenant aussi à François FLOURY (le grand-père) et qui assurait le même type de fonctions.


Selon les renseignements donnés par une carte postale du bateau devant Bréhat, ce "Grand Léjon" était à deux mâts, munis de voiles auriques et d'un tape-cul au tiers. Il s'agissait probablement à l'origine d'une coque et d'un gréement de lougre, évoluant vers un gréement de goélette (genre NEIRE MAOVE-la Goélette du Cotentin).

Jean Baptiste FLOURY a poursuivi la dynastie. De retour au pays en 1941, après un passage dans la Royale,, il navigue d'abord avec son père, puis à la fin de la guerre, il fait construire au chantier Marie de Paimpol un "Grand Léjon" de 15 pieds avec lequel il pratiquera la pêche en Baie de Saint-Brieuc. Celui-ci sera suivi d'un "Grand Léjon" de 19 pieds.

Puis, vers 1965, c'est la construction à Camaret au chantier "La Stenet" d'un "Grand Léjon" de 10 mètres, caseyeur (homard) et coquillier avec lequel Jean Baptiste ira jusqu'à Port-En -Bessin, avec deux matelots, pêcher la coquille. Aux environ de 1975, le bateau est vendu au Légué, à un dénommé Sanchez, qui le revendra à Dahouët. Il partira ensuite pour Port-En Bessin où il sera immatriculé CN 12 1237. Rescapé, ou naufragé d'un quelconque plan Mellick, le bateau orne maintenant un rond point à Courseulles dans la Manche...

Le dernier "Grand Léjon" de la lignée sera un canot de 19 pieds, muni d'une cabine, construit à Paimpol, avec lequel il fera essentiellement la pêche à la coquille. Il s'en dessaisira au profit de son fils Pascal qui le vendra quelques temps après à un marin du Légué. Le bateau y est toujours, actuellement à l'abandon, à l'échouage près du déversoir.

En 1990, le "Grand Léjon" (celui que nous connaissons) est alors en construction, et est exposé aux Rosaires à Plérin afin d'attirer la sympathie et la sollicitude du public. Jean Baptiste FLOURY s'approche et demande alors pourquoi donc la reconstruction de la Jeanne d'Arc s'appelle -t-elle ainsi...

© Photo de Pierot Beltante



Informations recueillies auprès de Jean Baptiste FLOURY en janvier 2000 à la résidence AGISM du Marin à Saint-Quay-Portrieux par Bernard Guéguen et Etienne Miossec. Continuez votre lecture sur le site : http://pagesperso-orange.fr/le-grand-lejon

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